

Ne serait-il pas prétentieux de dire que ma philosophie relève de la « vérité » du goût, d’un certain goût auquel je m’efforce de rester fidèle.
C’est du moins la ligne de conduite que je me suis assignée et plus particulièrement depuis 2000, lorsque je suis devenu critique indépendant.
La liberté d’expression est la condition sine qua non d’un travail cohérent et sérieux.
Je m’interdis cependant la critique négative, réservant à mes guides et à mon site Internet ce que j’estime intéressant pour l’amateur.
Je dois aussi faire remarquer que mon travail de dégustation quasi journalier concerne exclusivement les vins de Bordeaux, des crus les moins connus et néanmoins parfois excellents, aux crus les plus réputés.
J’ai depuis très longtemps inscrit mon goût dans ce que je crois être la « vérité » du vin, notion certes subjective mais qui dans les grandes lignes (du goût et de l’odorat) requiert une certaine objectivité. En effet ce goût, appelé « classique », se situe entre deux extrêmes.
> D’une part il rejette, les vins insuffisants, industriels, à forts rendements, vins maigres, dilués, pauvres, déséquilibrés, sans fruit, à l’arôme faible, disgracieux ou déviés ;
> D’autre part il fuit, l'exagération, l'asphyxiante modernité des vins standards, simples, faciles, racoleurs, parfois surchargés, hyperextraits, «bodybuildés» et en général - un malheur n'arrive jamais seul - surboisés. Ce sont des vins «prêts à plaire» pour les néo-consommateurs, des trompe-l'oeil dont le vieillissement, souvent éphémère, n’est pas en mesure d’exprimer, s’il en est, le potentiel qualitatif (finesse) inféodé au terroir.
Le goût « classique » honore le juste compromis entre la structure (puissance, concentration...) et le degré optimal de finesse ; un goût qui démontre l'unité dans la pluralité, la synthèse harmonieuse témoignant de la singularité de l'origine sinon de la supériorité du terroir.
Je défends l'idée d'une intangible orthodoxie du goût (le goût classique) partagée par un grand nombre d'amateurs et de professionnels. Si le goût est personnel on se rend compte que le « bon goût » est consensuel.
La permanence génétique de ce goût (la stabilité anatomo-physiologique de l'appareil gustatif de génération en génération), son historicité (les grandes bouteilles, vieilles, certaines, de plus d’un siècle) ainsi que sa confrontation (l'acquis), en Europe sinon en France, avec la plus haute gastronomie et les vins les plus fins, lui confèrent une autorité indiscutable.
Tout en professant «ce» goût, en le partageant (souvent), je ne prétends pas détenir le monopole de la connaissance dans ce domaine où la subjectivité a aussi son emprise.
Chacun est l'apprenti et le maître de son propre goût en le mesurant, en le comparant avec celui d'autrui.


Depuis 30 ans la passion pour le goût des vins de Bordeaux ne m’a pas quitté et mes guides offrent à l’amateur éclairé comme au néophyte un moyen pratique et peu onéreux de faire les meilleurs choix pour les vins rouges, les blancs secs et liquoreux, voire même les rosés et clairets.
L'abus de l'alcool est dangereux, sachez consommer avec modération